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  • Article publié le 1er octobre 2021
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Le billet d’humeur de Christophe Prudhomme I Contraception

Le gouvernement propose d’étendre la gratuité de la contraception, déjà actée pour les mineures depuis quelques années, aux jeunes entre 18 et 25 ans. Cette intention est louable, cependant il est légitime de s’interroger sur la motivation de la limite d’âge à 25 ans. Dans un premier temps, la question de la limitation du coût de la mesure vient à l’esprit. Mais l’habillage social mis également en avant permet d’évacuer le véritable problème politique qui existe autour du droit des femmes au contrôle de leur corps et à leur liberté de choix. En effet, le droit à la contraception a été acquis de haute lutte en 1967 grâce à la loi Neuwirth, mais il a fallu attendre 1974 pour que certaines pilules soient remboursées par la Sécurité sociale. Enfin ce n’est qu’en 2001 que la pilule du lendemain devient disponible en pharmacie sans prescription et en 2020 qu’un modèle de préservatif peut être prescrit et remboursé. De fait, assurer l’accès le plus large à un des médicaments le plus consommé par les femmes et aux actes médicaux les plus pratiqués chez elles pendant une grande partie de leur vie n’ont jamais été une priorité de santé publique. Ce qui a toujours primé dans ce domaine et ce qui est toujours dominant sont les pressions régressives philosophiques, religieuses et idéologiques. Ce qui devrait être aujourd’hui prioritaire dans ce domaine, c’est bien le droit des femmes à avoir un accès le plus large possible aux moyens qui leur permettent de maîtriser un aspect essentiel de leur vie. C’est la raison pour laquelle, il semble logique, nécessaire et indispensable de demander que cette mesure soit étendue à l’ensemble de la population concernée sans limite d’âge. Il ne suffit pas de parler de l’égalité entre les femmes et les hommes, il faut savoir aussi la mettre en œuvre dans la vie quotidienne, y compris par des mesures volontaristes affirmant clairement une vision progressiste de l’évolution de notre société.



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